Les inscriptions au congrès sont ouvertes !    

PARIS

MAISON DE L'UNESCO

7 & 8 DÉCEMBRE

2017

Qu’est-ce que la sécurité et où peut-on la trouver ?
Existe-t-elle en nous ou pouvons-nous aller la chercher dans le monde ?
Est-elle un début ou une fin ? Une fin ou un moyen ?
L’insécurité est-elle plus présente aujourd’hui qu’hier ?


Autant de questions qui se trouvent au centre de notre travail de professionnels de la relation d’aide et de soin.


L’insécurité, c’est le lot quotidien de nombreux publics avec lesquels nous travaillons :

  • Les enfants qui ne font pas l’expérience de pouvoir compter sur une relation stable, prévisible et bienveillante dans les premiers mois et les premières années de leur vie ;
  • Les enfants, adolescents, adultes, victimes de violence psychologique, physique ou sexuelle sur leur lieu de vie ;
  • Les parents en situation de précarité affective, financière, matérielle, relationnelle, psychique ;
  • Les « sans », sans droits, sans voix, sans papiers, sans domicile, sans famille, sans avenir …

L’insécurité, c’est aussi un sentiment qui peut s’emparer de nous dans l’exercice de notre profession et nous empêcher de faire notre travail :

  • Si nous travaillons avec des publics réputés difficiles ;
  • Si nous n’avons pas de moyens suffisants ;
  • Si nous nous sentons jugés, peu soutenus, voire harcelés sur notre lieu de travail ;
  • Si notre emploi est précaire, menacé, évalué en fonction de sa seule rentabilité …

Que faire de notre sentiment d’insécurité ?
Peut-il se transformer, s’élaborer, se transcender ?
Est-il possible de retrouver confiance en soi, dans les autres et dans le monde ?
Comment créer un contexte qui permette d’envisager sereinement la prise de risque, condition indispensable à tout changement ?


CE CONGRÈS S’ADRESSE AUX PROFESSIONNELS DE L’ÉDUCATION, DE L’AIDE ET DU SOIN À QUI SONT CONFIÉES DIFFÉRENTES MISSIONS :

  • Soutien à la parentalité,
  • Aide éducative en milieu ouvert,
  • Travail psychothérapeutique avec des enfants, des adultes, des couples ou des familles,
  • Interventions auprès de publics violents,
  • Prise en charge de personnes marginalisées avec troubles psychiatriques sévères,
  • Accompagnement éducatif d’enfants ou d’adolescents en foyer ou en famille d’accueil,
  • Intervention au bénéfice d’adolescents en rupture, en révolte, en détresse, ...

IL PERMETTRA AUX PARTICIPANTS :

  • Identifier les zones de vulnérabilité, d’incertitude, de précarité des personnes avec lesquelles ils travaillent et les liens avec leurs difficultés actuelles ;
  • S’approprier de moyens nouveaux pour s’apaiser et apaiser les autres ;
  • Faire de l’équipe un lieu de réassurance au bénéfice de la qualité du travail ;
  • Nuancer le regard porté sur les publics réputés difficiles et dangereux ;
  • Construire un contexte de travail suffisamment sécurisant pour permettre le changement ;
  • Mettre en œuvre des interventions pour augmenter la sécurité objective et subjective des bénéficiaires.

Jeudi 7 décembre 2017

9h30 Café d'accueil
10h00 Ouverture du congrès

10h30

Pascal CHABOT
Grandeur et difficulté du travail en situation d’insécurité

Freud a déclaré à plusieurs reprises qu’avec la modernité, certains métiers devenaient « impossibles ». Soigner, éduquer, gouverner, ces métiers de l’humain, se révèleraient problématiques, alors que dans toute l’histoire de l’Occident, ils furent centraux et structurants.
Pour comprendre cette « impossibilité »,
on peut faire ici l’hypothèse qu’elle est liée à une insécurité, à une perte de confiance ou encore à un défaut du carac- tère « allant de soi » des métiers de l’humain. La spécificité de ces derniers est qu’ils échappent aux dogmes dominants de notre société techno-capitaliste, qui prône la maîtrise, la sécurité, le contrôle, la prévisibilité. Travailler avec l’humain, a fortiori lorsqu’il souffre ou lorsqu’il est en décrochage par rapport à certaines « normes », se révèle problématique parce que l’on quitte la « zone de confort » des valeurs techniciennes.
Pourtant, c’est hors de cette zone de confort que travailler a du sens et de la valeur, malgré les difficultés. La fragilité des métiers de l’humain fait aussi leur grandeur. Il est essentiel de le reconnaître afin de ne pas limiter notre humanité à une sécurité factice (celle par exemple du Meilleur des mondes, d’Huxley), mais au contraire d’apporter une sécurité nouvelle et adaptée à ceux à qui elle manque.

Pascal CHABOT a étudié la philosophie à la Sorbonne à Paris et à l’Université libre de Bruxelles, il est auteur de livres et d’articles sur la philosophie contemporaine, l’éthique et l’esthétique. Il enseigne à l'IHECS-Bruxelles. Auteur du célèbre livre "Global burn-out" (PUF, 2013), Pascal Chabot a voulu comprendre ce qui arrivait à cette âme qui brûle, s’épuise au point de ne plus pouvoir avancer. Il avance la thèse que le burn-out est une pathologie de civilisation, et pas seulement un trouble individuel qui affecte certaines personnes mal adaptées au système, ou trop dévouées, ou ne sachant pas (ou ne pouvant pas) mettre des limites à leur investissement professionnel. Il est aussi un trouble miroir où se reflètent certaines valeurs excessives de notre société : son culte du plus, du trop, de la performance.

11h30

Didier ROBIN
L’insécurité : entre obsessions et réalités

L’insécurité se conjugue souvent au singulier comme si c’était un phénomène homogène et évident. Pourtant, le mot renvoie à une multiplicité de situations très différentes répondant à des logiques aussi extrêmement diverses. On pourrait opérer un premier tri en redécouvrant que dans notre langue deux mots distincts renvoyaient à « l’insécurité ». Il s’agissait d’une part de la sûreté qui définissait toutes les mesures objectives de protection, et d’autre part de la sécurité qui consistait en un pur sentiment. L’une et l’autre ne se recouvrent pas et se construisent très différemment. Par exemple, les attentats dont nous avons été victimes ont réactivé la peur de l’étranger dont la psychologie est bien connue. Pourtant dans la réalité quotidienne, en France par exemple, il y a presque vingt fois plus de victimes de suicides que de victimes d’homicides. Et, en cas d’homicides, 3 fois sur 4 on est tué par quelqu’un qu’on connaît. Le risque d’être tué par un inconnu est 60 fois plus faible que celui de se suicider. De même que l’on sait que la plupart des violences, des maltraitances et des abus se déroulent dans la sphère familiale ou dans celle des proches. Ne sombrons pas dans une vision catastrophique du monde ! L’espérance de vie n’a jamais été aussi grande ! Ce qui n’empêche pas d’essayer de saisir la réalité au-delà de certaines apparences. En acceptant la complexité, on se rend compte que la sécurité n’est pas un état stable. Au contraire, elle suppose la prise de risques pour gagner en assurance, ce que montrent spectaculairement les adolescents mais aussi les jeunes adultes. Cela peut prendre la forme de pratiques sportives ou d’engagement dans des professions comportant une part de danger pour servir la collectivité. Parfois, cela peut prendre aussi des formes plus inquiétantes. D'ailleurs, ce sont les approches cliniques, notamment de cet âge de la vie, qui mettent particulièrement bien en évidence les complexités et les nombreuses facettes de ladite insécurité. Nous raconterons donc quelques histoires qui parlent tellement d'elles-mêmes qu'elles pourraient presque rendre inutiles nos commentaires. Nous y verrons en effet de nombreux enseignements que l'on peut élargir à beaucoup d'autres situations, concernant tant les déterminants psychiques de l'insécurité que leur dimension intersubjective et plus largement sociale.

Didier ROBIN est psychologue, psychanalyste et systémicien. Il est superviseur d'équipes et formateur, membre du Groupe "Institutions" (Bruxelles, Centre Chapelle-aux-Champs en lien avec l'UCL, Université catholique de Louvain), co-responsable d'un programme de journées d'étude et de formation aux pratiques institutionnelles (Bruxelles, Centre Le Méridien, l'UCL et l'USL) et formateur pour la LBFSM (Ligue Bruxelloise Francophone pour la Santé Mentale). Il est aussi l'auteur notamment de "Violence de l'insécurité", Paris, PUF, 2010 et de "Dépasser les souffrances institutionnelles", Paris, PUF, 2013.

12h30 Pause déjeuner (libre)
14h00

David LE BRETON
Adolescence et fragilité : sur les conduites à risque des jeunes générations

L’adolescence est une existence à fleur de peau au sens figuré, mais aussi réel en ce que les frontières de sens peinent encore à s’établir. Les conduites à risque sont des manières ambivalentes de lancer un appel aux plus proches, à ceux qui comptent. Elles forment une manière ultime de fabriquer du sens et de la valeur, elles témoignent de la résistance active du jeune et de ses tentatives de se remettre au monde. Même si elles sont dangereuses et douloureuses, elles répondent à cette nécessité intérieure de s’arracher à soi-même et de renaître à une autre version de soi, meilleure, après avoir regardé réellement ou symboliquement la mort en face. Ces épreuves sont des rites intimes, privés, autoréférentiels, insus, détachés de toute croyance, et tournant le dos à une société qui cherche à les prévenir.

David LE BRETON est professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg et Membre de l’Institut universitaire de France. Auteur notamment de "Disparaître de soi. Une tentation contemporaine" (Métailié), "En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie" (Métailié), "Conduites à risque. Des jeux de mort au jeu de vivre" (PUF, Quadrige), "Signes d’identité. Tatouages, piercings et autres marques corporelles" (Métailié), "La peau et la trace. Sur les blessures de soi" (Métailié), "Une brève histoire de l’adolescence" (Béhar).

14h45

Michel DELAGE
La régulation des émotions et la construction d'une sécurité interne : quelles conséquences pour les interventions thérapeutiques ?

Il s'agira de préciser les principaux apports de l'attachement comme système régulateur des émotions. On insistera tout particulièrement sur la place des émotions positives, car l'attachement est trop souvent présenté sous l'angle de l'apaisement des émotions négatives. De ce point de vue, on cherchera à différencier les figures d'attachement selon cette plus ou moins grande capacité à activer les émotions positives. On examinera les conséquences qu'on peut en tirer dans les interventions psycho-éducatives et thérapeutiques.

Michel DELAGE est psychiatre, ancien professeur du service Santé des armées, ancien chef de service à l’Hôpital d’instruction des armées Sainte-Anne à Toulon. Thérapeute familial, il travaille actuellement à l’intégration de la théorie de l’attachement et du modèle systémique dans la thérapie familiale. Il a notamment publié "La Résilience familiale" et dirigé, avec Boris Cyrulnik, "Famille et résilience". En 2013, il a publié aux Editions Odile Jacob "La vie des émotions et l’attachement dans la famille".

15h30

Raphaël GAZON
Sécurité et régulation émotionnelle : l’accompagnement thérapeutique à la lumière de la psychologie du développement

Les problèmes de régulation des émotions constituent un élément central de la majorité des troubles psychiatriques et des troubles de la personnalité. Pour cette raison, divers courants psychothérapeutiques ont développé des techniques pour aider les personnes à développer une meilleure capacité d’autorégulation de leurs émotions. A un niveau développemental, c’est dans l’interaction avec ses parents que l’enfant apprend à réguler ses émotions. En offrant une base de sécurité, les parents vont permettre à l’enfant de réguler ses états internes et d’explorer le monde. Raphaël Gazon va détailler les caractéristiques de cette base de sécurité, essentielle au développement des capacités d’auto régulation. Il en présentera les applications cliniques dans la perspective d’une psychologie développementale appliquée à la psychothérapie.

Raphaël GAZON est psychologue, psychothérapeute cognitivo-comportementaliste et formateur/praticien en thérapie sensorimotrice. Depuis plus de 15 ans, il développe des approches thérapeutiques, en individuel et en groupe, pour les personnes présentant des troubles émotionnels sévères. En 2012, il a créé le centre PEPS-E qui propose des thérapies spécialisées dans le traitement des problèmes de régulation émotionnelle. Il supervise et donne des formations sur les troubles de l’attachement, les traumatismes complexes et la clinique des émotions.

16h15 Pause
16h45 Spectacle

" ON A FORT MAL DORMI " Texte : Patrick DECLERCK
Mise en scène et adaptation : Guillaume BARBOT
Avec : Jean-Christophe QUENON

Ce spectacle porte trois voix. Celle de Patrick Declerck (anthropologue, psychanalyste, romancier) qui a exercé comme consultant au Centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre. Dans son livre « Les Naufragés », il raconte ses nombreuses consultations, mais aussi sa célèbre plongée dans le bus de ramassage déguisé en clochard. Témoignage rare, précieux et vivant. Celle des SDF, dans toutes ses fragilités, folies, impasses et urgences. Et enfin, la nôtre, artistes et citoyens, qui nous demandons en toute humilité comment changer les choses.

Tour Saint-Jacques, à Paris, un homme attend le bus de ramassage. Il fait froid. Il vient du Nord, pas de boulot. C’est ce qu’il prétend. En réalité, Patrick Declerck est un infiltré. Il est ethnologue, il deviendra plus tard psychanalyste à la mission France de Médecins du Monde ainsi qu’à l’hôpital de Nanterre. Mais ce soir d’hiver, pour savoir ce qu’il se passe réellement dans les centres d’accueil de SDF, il s’habille en clochard et se fait ramasser. Il plonge dans le vaste océan de la misère humaine pour approcher ces êtres déclassés, délaissés qui tentent de survivre dans un monde qui les méprise. Plus tard, Declerck écrira Les Naufragés, avec les clochards de Paris, puis Le sang nouveau est arrivé, sous-titré L’Horreur SDF. Ces deux textes de l’écrivain constituent le matériau de base du spectacle-manifeste de la compagnie Coup de Poker.

Conception lumières : Maryse GAUTIER
Assistante - dramaturge : Céline CHAMPINOT
Régie : Franck LEZERVANT

PRODUCTION : Cie Coup de Poker
COPRODUCTIONS : Scène conventionnée de Chelles, Les Théâtres des 2 rives - Charenton,
Scène Nationale de Noisiel - La Ferme du Buisson
SOUTIENS : Les Studios de Virecourt, DRAC Ile de France, ARCADI, CG 77, Editions Gallimard et Plon


ON A FORT MAL DORMI
18h00 Fin



Vendredi 8 décembre 2017


09h00

Nicole GUEDENEY
La relation d’aide : sécurité ou menace ? L’apport de la théorie de l’attachement

Bowlby a toujours insisté sur l’importance de la motivation à demander de l’aide pour l’être humain, mais aussi sur les altérations de cette capacité. Comment comprendre que ce qui devrait être vécu comme positif ne le soit pas pour tout le monde ? Que, pour certains, l’aide est inutile, décevante, voire dangereuse ? La théorie de l’attachement nous aide à comprendre comment chaque enfant construit cette représentation de l’aide tout au long de la vie en particulier dans les relations avec les personnes importantes de son entourage. Comment chaque enfant devient aussi un adulte en mesure d’aider ceux qui sont plus vulnérables. L’exposé déclinera cette question au sein des relations familiales, mais aussi dans les rapports avec les professionnels qui essaient de répondre à la demande d’aide : quels sont les conflits potentiels qui peuvent être activés chez les parents consultant pour leur enfant et qui peuvent rendre impossible la poursuite du soin ?

Nicole GUEDENEY est pédopsychiatre, docteur ès Sciences. Elle exerce comme clinicienne, responsable du service de psychiatrie infanto-juvénile à l'Institut Mutualiste Montsouris de Paris. Elle est spécialiste de l'attachement et a enseigné dans diverses universités et écoles. Elle est l'auteure de nombreux articles et livres dont "Apports de la théorie de l'attachement aux traitements conjoints parents-bébés" (Erès, 2007).

10h00

Bruno FOHN
Naissance, parentalité et vulnérabilités Quand l’insécurité s’invite dans le couffin…

La grossesse et la naissance constituent une étape de transition et de réaménagement relationnel et affectif dans le cycle de vie d’une famille. Dans les situations de précarité ou de vulnérabilités, l’insécurité, sous différentes formes, se penche aussi sur le berceau, et les parents peuvent rencontrer des difficultés à offrir un cadre développemental sécure à leur enfant. Comment soutenir la résilience parentale quand les fracas de leur histoire résonnent dans la maternité ? Comment favoriser la résilience de l’enfant quand son contexte de vie reste inconstant, imprévisible ? Le projet Seconde Peau (Liège) réalise des interventions précoces à domicile, depuis la grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant. Les intervenants sont ainsi plongés au cœur de la réalité vécue par ces bébés, et donc aussi des insécurités qui circulent : les freins développementaux pour l’enfant, les possibles décompensations des parents, la confrontation aux risques pour l’enfant, pour soi-même… Par ailleurs, ces situations mobilisent souvent des acteurs multiples, aux logiques, aux temporalités, aux insécurités différentes. Les Mises en Réseau Formatives organisées par Seconde Peau offrent aux professionnels un espace sécure pour analyser les représentations et les enjeux de la collaboration au sein du réseau et les résonnances avec le système familial. Dans ces épopées est souvent évoquée, ou invoquée, la confiance, poison ou potion de la relation ?

Bruno FOHN est psychologue au sein du service universitaire de Gynécologie-Obstétrique au C.H.R. de la Citadelle à Liège, où il intervient comme thérapeute auprès des patientes et des familles et comme soutien auprès des équipes médicales et soignantes. Il est également animateur du Groupe d’Aide au Deuil Périnatal depuis 25 ans, et coordinateur du projet Seconde Peau, qui soutient la parentalité dans les familles en situation de vulnérabilités psycho-sociales sévères, autour de la grossesse et de la prime enfance.

10h45 Pause-café
11h15

Samira BOURHABA
Après l’inceste. Rives et dérives dans le travail avec les adolescents victimisés

Accompagner des enfants et des adolescents qui ont été sexuellement victimisés au sein de leur famille c’est croire, espérer, mobiliser, dynamiser, penser, éprouver,… C’est aussi douter, craindre, s’agiter, être agité, s’inquiéter, alarmer,… Dans la prise en charge de ces situations comme dans beaucoup d’autres, en tant qu’intervenants, nous sommes amenés à faire l’expérience d’une insécurité à la hauteur des facteurs de risque en jeu. Cette expérience de l’insécurité est assurément déstabilisante et potentiellement déstructurante pour les professionnels que nous sommes. Tout particulièrement, lorsque les jeu- nes à qui notre aide s’adresse présentent des comportements à risque à la hauteur de leur souffrance (conduites sexuelles à risque, fugues, violence,…), et que nous assistons, de près ou de loin, à ces mises en danger, nous avons besoin de bien des ressources pour contenir notre propre insécurité et rester à même de penser nos interventions, lestés que nous sommes par nos émotions et notre inquiétude. C’est par le développement de situations cliniques qui nous ont inquiétés que cet exercice complexe et sans cesse à renouveler sera illustré.

Samira BOURHABA est psychologue, psychothérapeute individuelle et familiale et formatrice. Elle est également engagée au service Kaléidos depuis sa création en 2001 (service d’accompagnement de mineurs victimes d'abus sexuels et de leurs familles sous mandat administratif ou judiciaire). Elle y exerce la fonction de directrice tout en prenant en charge avec ses collègues des situations familiales complexes dans lesquelles des abus sexuels se sont produits.

12h00 Pause-déjeuner
13h30

Véronique LE GOAZIOU
Violence et insécurité : haro sur les jeunes

L’exigence de vivre en sécurité n’est pas nouvelle mais elle semble aujourd’hui poussée à un seuil d’autant plus surprenant que l’on relève plutôt un déclin de l’emploi de la brutalité dans les rapports humains. Dans cette exigence, les déviances et les violences des jeunes occupent une place majeure et font l’objet d’une forte réprobation morale, si bien que de nos jours des jeunes – et souvent par extension les jeunes – apparaissent comme une menace. Pourtant, sauf exceptions, les désordres juvéniles relèvent le plus souvent d’une série d’entorses aux normes sociales et aux règles usuelles de la vie collective. D’où vient dès lors que nous assimilons souvent insécurité, violence et jeunesse ? Au fond, l’on ne saurait s’interroger sur les déviances juvéniles sans se demander, outre les réalités qu’elle recouvre et les moyens de la contenir ou d’y remédier, de quoi elle est le nom et ce qu’elle dit des inquiétudes et des impatiences de notre temps.

Véronique LE GOAZIOU est titulaire d'un DEA de philosophie, d'une licence d'ethnologie et d'un doctorat en Sciences Sociales. Elle est chercheuse associée au Laboratoire méditerranéen de sociologie (Lames-CNRS) à Aix-en-Provence. Elle travaille sur diverses questions sociales et politiques, plus particulièrement le Front national, le lien social et la violence. Elle a publié plusieurs articles et livres sur les questions de délinquance et de violence, notamment "éduquer dans la rue. Enquête sur la prévention spécialisée aujourd'hui" (Presses de l’EHESP, 2015), "La violence" (Editions Cavalier Bleu, collection idées reçues, 2004), "La violence des jeunes en question" (avec Laurent Mucchieli, Éditions Champ Social, 2009) ou "Quand les banlieues brûlent" (avec Laurent Mucchieli, la découverte, 2007).

14h15

Jean-François SERVAIS
Le secret professionnel à l’épreuve des différents « besoins » de sécurité : entre recul et réaffirmation

Du droit au respect de la vie privée de chaque individu, de son intimité, indispensable à la construction subjective de l’individu, jusqu’à l’indifférenciation entre espace public et espace privé, où tout droit à une vie privée disparaît, l’histoire montre qu’un glissement peut se produire, imperceptible ou brutal. Et d’aucuns précisent que « bien plus que les divergences sur l'ordre social ou économique, c'est le secret professionnel et le respect de l'individu qu'il implique, qui marquent la véritable fracture entre les états démocratiques et les états de type marxiste ou totalitaire » (C. Raoult). Comment dès lors analyser des initiatives, notamment législatives, qui seraient prises au nom d’un impératif d’efficacité, de contrôle ou de sécurité publique et marqueraient un recul de l’espace privé ? En quoi le secret professionnel, en lien étroit avec les droits fondamentaux reconnus à chacun, reste-t-il essentiel pour la collectivité, comme pour le particulier ou le professionnel ? Quels risques peuvent surgir si la sécurité du lien entre particulier et professionnel est menacée ? Entre professionnels par ailleurs, le besoin de partager, de se concerter, de savoir, répond-il toujours à une nécessité pour le particulier, ou peut-il participer aussi à un besoin de sécurité du professionnel ? Nos sociétés évoluent vite et l’actualité nous amène probablement à nous reposer la question fondamentale du sens et de la raison d’être de ce secret professionnel, mais également des valeurs dont nous voulons être garants, et de la hiérarchie que nous établissons entre elles.

Jean-François SERVAIS est juriste, directeur du Service Droit des Jeunes de Liège. Depuis 30 ans, il forme les professionnels et les services dans le domaine du droit de la jeunesse, du droit familial, du droit de l'aide sociale ainsi que dans différentes thématiques liées à l'éthique dont celle relative au secret professionnel.

15h00 Pause
15h30

Muriel MEYNCKENS-FOUREZ
L’équipe, l’institution comme enveloppe contenante, autorisant la prise de risque

A la suite de Winnicott, nous pouvons dire que « résister à la destructivité » constitue un des ingrédients essentiels dans le travail psycho-social. C’est là toute l’importance de l’équipe et de l’institution qui offrent un cadre sécurisant dans lequel peuvent se tisser des liens. Ainsi, les professionnels peuvent servir d’appui aux bénéficiaires et à leur famille et, au besoin, prendre des risques – calculés - pour tenter de mobiliser. Une consigne simple, « amener en équipe ses réussites comme ses questions ou impasses », crée un espace pour se dire, pour s’enrichir les uns les autres, pour constituer un bagage commun. Avec ces balises, chacun dans sa tâche peut alors laisser libre cours à la créativité. Cependant, à l’ère où la méfiance et les problèmes narcissiques prennent parfois le devant de la scène, rien n’est simple en la matière.

Muriel MEYNCKENS-FOUREZ est pédopsychiatre systémicienne. Après 30 ans de pratique dans un hôpital pédospychiatrique, elle est actuellement directrice thérapeutique du département "enfants-ado-familles" d’un Service de Santé Mental. Au Centre Chapelle-aux-Champs, elle est responsable du CEFORES (centre de formation et de recherche en systémique et thérapie familiale) et du groupe "Institutions" (supervisions d’équipes). Elle est co-auteur de plusieurs ouvrages : "Les ressources de la fratrie" (Érès-Relations), "Dans le dédale des thérapies familiales - Un manuel systémique" (Érès -Relations), "Qu’est-ce qui fait autorité dans les institutions médico-sociales ?" (Érès ès-Empan), "Eduquer et soigner en équipe – Manuel de pratiques institutionnelles" (De Boeck-Carrefour des psychothérapies).

16h15

Charles ROJZMAN
Insécurités sociales, peurs et violences: comment tenir bon

Pour faire face à toutes les violences qui nous menacent et créent nos insécurités et notre sentiment d'insécurité, ne pourrions-nous pas apprendre à reconnaître la présence toute proche de la violence en nous-même, dans nos familles, nos institutions? Les peurs contemporaines (chute sociale, identités en question, sens perdu, autorités souvent illégitimes ou illégitimées) ont créé toutes sortes de violences contre les autres et contre nous-mêmes, dont nous les victimes et parfois les auteurs. Comment transformer ces violences en conflits pour avancer ensemble et mieux appréhender le monde qui vient? Les apports de la Thérapie sociale.

Charles ROJZMAN est est un psychosociologue, philosophe praticien et écrivain français. Il a créé et développé le concept de "Thérapie sociale" qu'il pratique et développe dans de très nombreux contextes sociaux et institutionnels. Il poursuit ainsi le projet ultime de Freud : soigner le corps social avec les outils de la psychanalyse. De Mantes-la-Jolie au Moyen-Orient et au Rwanda, il aide des groupes à traverser les haines et les peurs, pour (re)trouver la capacité de vivre ensemble. Sa recherche est entièrement tournée vers le développement de nouvelles formes d'éducation à la vie démocratique et de modes de prévention de la violence en France et à l'étranger. Après avoir dirigé plusieurs structures de Thérapie Sociale en France, il a créé celle qui perdure aujourd’hui: l’Institut Charles Rojzman. Il est l'auteur de treize ouvrages et tient un blog régulier dans le magazine en ligne le Huffington Post.

17h00 Clôture du congrès
17h15 Fin

Informations pratiques


Lieu et dates

  • Jeudi 7 décembre 2017 de 09h30 à 18h00
  • Vendredi 8 décembre 2017 de 9h00 à 17h15

MAISON DE L'UNESCO
125, avenue de Suffren
75007 Paris
Métro : Ségur ou Cambronne




NOS BONS PLANS

Quelques bons plans pour vous permettre de participer à notre congrès de Paris au moindre coût.

  • Finalisez votre inscription à notre congrès rapidement (inscription et paiement avant le 1er juillet) et/ou en groupe pour bénéficier de l'inscription la plus avantageuse
  • Début des conférences à 10 heures : partez le matin même et économisez une nuit d'hôtel !
  • Séjournez dans l'une des 130 auberges de jeunesse de Paris et déplacez-vous en métro jusqu'à l'UNESCO.
    Il n'y a pas de limite d'âge pour y séjourner !
    http://fr.hostelbookers.com
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    Astuce : réservez longtemps à l'avance !

  • Réservez votre billet de TGV ou de Thalys 3 mois avant l'événement pour bénéficier du meilleur tarif
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  • Utilisez le covoiturage !
    www.blablacar.fr
    • Conducteurs : Proposez vos places libres !
    • Passagers : Trouvez votre covoiturage

Conditions d'inscription


Conditions d'inscription

Avec paiement à partir du 1er juillet 2017

Individuelle : 215 EUR ou 235 CHF
Par convention : 340 EUR


Inscription groupée de 5 personnes et plus -> -20% (demandez les conditions).
Sans emploi -> -50% sur présentation d'une attestation (pas de tarif de groupe).


L'inscription est ferme dès réception du bulletin d'inscription et du paiement (ou d'une attestation de prise en charge fournie par l'employeur). Les annulations de votre part ne font pas l'objet de remboursement. Lorsqu'il y a une liste d'attente, nous vous proposons un arrangement à l'amiable s'il nous est possible de vous remplacer. Dans ce cas, nous retiendrons une somme de 25 EUR de frais administratifs.


Pour les demandes de prise en charge par un organisme de formation continue, n'hésitez pas à nous contacter afin d'obtenir tous les documents nécessaires à la constitution de votre dossier.

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J’effectue un versement de € sur le compte IBAN : BE37 7755 9056 5828 BIC : GKCCBEBB (depuis la Belgique)
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J’envoie un chèque de € à l’ordre de “Parole d’Enfants” - 57 rue d'Amsterdam, 75008 PARIS (depuis la France)
Mon organisme envoie une attestation de prise en charge (Parole d’Enfants - 57 rue d'Amsterdam, 75008 PARIS ) et règle par mandat administratif (inscription par convention en France) n° d’agrément : 11 75 34 59 875


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